Réuni ce mercredi 29 avril 2026 sous la présidence du Chef de l'État Alassane Ouattara, le Conseil des ministres a consacré une partie significative de ses travaux au renforcement du cadre sécuritaire ivoirien. Dans un pays qui affiche l'un des indices de terrorisme les plus bas d'Afrique de l'Ouest (1,45/10 au GTI 2025) mais qui reste exposé à des menaces multiformes - criminalité organisée, pression sahélienne au nord, blanchiment d'argent -, ces textes s'inscrivent dans une dynamique de consolidation réglementaire de long terme.
Un accord inédit avec l'Italie contre le terrorisme et la criminalité
Le Conseil a ratifié l'Accord de coopération avec la République Italienne en matière de migration et de sécurité, signé à Abidjan le 22 mars 2023. Ce texte établit un cadre de collaboration policière bilatérale orienté vers la prévention et la répression du terrorisme et de la criminalité organisée.
Au-delà de la sécurité intérieure, cet accord consolide les intérêts diplomatiques de la Côte d'Ivoire auprès de ses partenaires européens - dans un contexte où flux migratoires et criminalité transfrontalière sont intimement liés.
La création de l'USSJH : un nouveau gendarme des jeux de hasard
Parmi les mesures adoptées figure la création de l'Unité de Surveillance du Secteur des Jeux de Hasard (USSJH), un service technique inédit venant appuyer l'Autorité de Régulation des Jeux de Hasard (ARJH). Composée d'agents assermentés issus des forces de sécurité publique et de l'ARJH, cette nouvelle unité dispose de larges pouvoirs d'investigation, de constatation et de répression des infractions sur tout le territoire national.
La ratification de la Convention OIT n°176 : la mine, un chantier de sécurité
Le Conseil a aussi ratifié la Convention n°176 de l'OIT sur la sécurité et la santé dans les mines. Ce texte - longtemps en attente - renforce la protection des travailleurs dans tous les sites miniers, contre les risques d'accidents mortels, de lésions et d'atteintes à la santé. Il vise également à préserver les populations riveraines et l'environnement des impacts négatifs de l'exploitation minière industrielle, semi-industrielle et artisanale.
Vers une architecture sécuritaire plus cohérente
Prises ensemble, ces trois mesures révèlent une volonté gouvernementale de combler des lacunes réglementaires identifiées depuis plusieurs années. Avec un PIB qui franchit la barre des 99 milliards de dollars en 2025 et une croissance projetée à 7 % à horizon 2029, la Côte d'Ivoire a tout à gagner à sécuriser son environnement institutionnel pour attirer les investisseurs et pérenniser ses acquis économiques.
Reste à en observer la mise en œuvre effective : la qualité d'un arsenal sécuritaire se mesure moins à ses textes qu'à la capacité des institutions à les faire vivre au quotidien.