Sécurité Publique en Côte d'Ivoire : L'Urgence d'une Transition vers la Culture de Prévention
Culture Sûreté & Lexique 27 Mar 2026

Sécurité Publique en Côte d'Ivoire : L'Urgence d'une Transition vers la Culture de Prévention

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BEVAR SECURITY

7 min de lecture

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Face au lourd bilan sécuritaire de mars 2026, de Bingerville à Kaouara, BEVAR déconstruit la mécanique des drames routiers et domestiques. Découvrez comment passer d'une gestion réactive à une véritable culture de sûreté active pour protéger vos actifs et vos communautés.

Une sinistralité accrue en mars 2026

En ce mois de mars 2026, l’actualité ivoirienne a été marquée par une série de drames qui rappellent, avec brutalité, l’urgence de renforcer la culture de sécurité dans notre pays. Accidents de la route en zone urbaine, carambolages spectaculaires et noyades de mineurs dans les lacs : autant d’événements qui auraient pu, pour certains, être évités avec plus de prévention, de contrôle et de discipline collective.

Carambolage spectaculaire à Bingerville  

Le 24 mars 2026, un grave accident de la circulation s’est produit à l’entrée de Bingerville, à hauteur de l’hôtel Freeworld. Selon le Groupement des sapeurs‑pompiers militaires (GSPM), il s’agit d’un carambolage impliquant sept véhicules : deux camions de transport de marchandises, deux minicars de transport, deux véhicules particuliers et un taxi‑ville.

Le bilan humain fait état de 14 victimes, dont deux personnes dans un état grave et douze blessés légers. L’accident a été suffisamment violent pour provoquer la chute d’un poteau électrique, compliquant l’intervention des secours et nécessitant une sécurisation rapide de la zone par la police nationale et la police municipale.

D’autres sources signalent par ailleurs, toujours à Bingerville, un accident impliquant deux camions poids lourds et un minicar sur la voie principale de la commune, faisant 14 blessés dont deux cas graves. Les témoins évoquent notamment l’excès de vitesse comme facteur aggravant dans ce type de collision.

Collision meurtrière à Port‑Bouët  

Le 18 mars 2026, un autre drame routier est survenu à Port‑Bouët, sur l’axe menant à Grand‑Bassam en direction du péage. Un car de transport d’environ 70 places, de la compagnie Union des Transports de Bouaké (UTB), est entré en collision avec un camion de transport de marchandises.

L’alerte a été donnée aux alentours de 14 h 35, entraînant la mobilisation rapide de la 2ᵉ compagnie du GSPM et d’autres services de secours. Au total, dix victimes ont été recensées, dont une personne décédée, les autres blessés ayant été évacués vers plusieurs structures sanitaires : le CHU de Treichville, la clinique Avicennes et l’hôpital général de Grand‑Bassam.

Au‑delà du bilan humain, cet accident rappelle la vulnérabilité des usagers sur les grands axes très fréquentés, où se croisent cars de transport interurbain, poids lourds et véhicules particuliers, souvent dans un contexte de vitesse élevée et de non‑respect du code de la route.

Tragédie par noyade à Kaouara (Ouangolodougou)  

À environ 12 km d’Ouangolodougou, dans le village de Kaouara, le 16 mars 2026 restera une date noire. Trois jeunes, dont deux mineurs âgés de 8 et 17 ans et un adolescent de 20 ans, ont péri par noyade dans le grand lac de la localité.

Selon le récit rapporté par l’Agence Ivoirienne de Presse, les trois garçons étaient partis abreuver les bœufs au lac avant de décider de se baigner. Après avoir enlevé leurs chaussures et leurs t‑shirts, ils sont entrés dans l’eau… sans jamais en ressortir. C’est un passant qui, ayant observé la scène, a alerté les habitants du campement voisin de Madoudjanvogo, puis les autorités locales.

Les corps ont finalement été repêchés par les villageois, la noyade confirmée par un infirmier diplômé d’État, et le procureur de la République près le tribunal de première instance de Korhogo a ordonné la remise des dépouilles aux familles pour inhumation. Ce drame met en lumière l’absence de balisage, de surveillance et de sensibilisation autour des points d’eau utilisés au quotidien par les communautés rurales, en particulier les enfants.

Ce que ces drames disent de notre culture de sécurité  

Pris isolément, chacun de ces événements pourrait être qualifié d’« accident ». Pris ensemble, ils dessinent un tableau préoccupant de notre rapport collectif à la sécurité. Sur la route, les mêmes facteurs reviennent : excès de vitesse, imprudence, surcharge, véhicules mal entretenus, signalisation insuffisante ou ignorée.

Dans les zones rurales, autour des lacs et retenues d’eau, la problématique est différente mais tout aussi grave : manque de sensibilisation aux risques de noyade, absence d’équipements de sécurité, quasi‑inexistence de dispositifs de surveillance et très faible culture de la natation chez les enfants.

Pour un pays en pleine croissance, ces drames ont un coût humain, social et économique considérable. Au‑delà de l’émotion, ils doivent pousser chaque acteur – autorités, collectivités, écoles, entreprises de transport, leaders communautaires, familles – à intégrer la sécurité comme une priorité quotidienne, et non comme un simple slogan après coup.  

Pistes de prévention  

Face à ces constats, quelques pistes d’action concrètes peuvent être mises en avant :  

- Renforcer les contrôles routiers ciblés sur les zones à risque (entrées de villes, axes à forte circulation) avec un focus sur la vitesse, l’état des véhicules et le respect des temps de repos des chauffeurs.
- Améliorer la signalisation et l’aménagement des points noirs (carrefours dangereux, zones de carambolages récurrents, tronçons mal éclairés).
- Généraliser des campagnes de sensibilisation à la sécurité routière auprès des transporteurs, des syndicats de chauffeurs et des usagers (campagnes radio, affichage, sessions de formation).
- Mettre en place, dans les zones rurales, des actions de prévention des noyades : repérage des points d’eau dangereux, panneaux d’alerte, séances d’éducation dans les écoles, initiation à la natation et promotion de comportements prudents.
- Créer des cadres locaux de dialogue (comités de sécurité routière et de prévention des risques) associant autorités, forces de l’ordre, chefs de villages, transporteurs et associations.

Chez BEVAR SECURITY, notre conviction est simple : chaque accident évité est une vie sauvée, une famille épargnée et une communauté renforcée. Les drames de Bingerville, Port‑Bouët et Kaouara ne doivent pas seulement nous attrister, ils doivent nous mobiliser.  

BEVAR SECURITY est un cabinet spécialisé dans la sensibilisation et la promotion de la culture de sécurité en Afrique. Nous accompagnons les entreprises, collectivités et organisations dans l’évaluation de leurs risques (sécurité routière, sûreté des sites, risques opérationnels) et la mise en place de plans de prévention adaptés. Nous proposons également des sessions de formation et de sensibilisation pour les équipes, afin de transformer les bonnes pratiques en réflexes quotidiens.

Tags: Culture Sûreté & Lexique Focus Pays