L'Éthiopie traverse depuis cette semaine l'une de ses phases les plus critiques depuis la fin de la guerre du Tigré en 2022. Le 23 septembre 2026, les autorités tigréennes ont annoncé avoir ordonné à leurs forces armées d'entrer en « combat défensif » face à ce qu'elles ont qualifié d'« invasion ouverte » menée par des troupes fédérales appuyées par l'infanterie, dans les localités d'Abala et d'Erebti, en région Afar. Des sources humanitaires et sécuritaires ont confirmé des affrontements dans ces zones, sans que les revendications des deux camps aient pu être vérifiées de manière indépendante.
L'escalade s'est rapidement étendue : selon plusieurs sources, les forces tigréennes se seraient emparées des aéroports de Mékélé, Axoum et Shire dès le 23 septembre, contraignant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces trois destinations. Le 25 septembre, une perturbation régionale des télécommunications a été signalée au Tigré par l'organisme de surveillance NetBlocks, ravivant le souvenir du black-out prolongé qu'avait connu la région entre 2020 et 2022. À Mékélé, les habitants ont commencé à constituer des stocks de vivres par crainte d'un nouveau blocus, tandis que les prix du carburant et des denrées de première nécessité ont fortement augmenté.
Cette crise survient trois jours après l'annonce, le 20 septembre, de la formation de l'Alliance des Forces Populaires Éthiopiennes pour la Survie, une coalition regroupant sept mouvements armés et politiques d'opposition, dont le Front de Libération du Peuple du Tigré (TPLF), le Mouvement National Amhara Fano et l'Armée de Libération Oromo, avec l'objectif déclaré de renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed. Le chef d'état-major des forces armées éthiopiennes, le Field Marshal Birhanu Jula, a accusé des puissances étrangères, notamment l'Érythrée agissant selon lui comme intermédiaire, ainsi que le Soudan et l'Égypte, de soutenir cette coalition dans le but d'affaiblir l'État éthiopien de l'intérieur.
Face à la dégradation rapide de la situation, l'Union européenne et les Nations unies ont exprimé une vive préoccupation, appelant à une désescalade immédiate, au respect du droit international humanitaire et à un retour au dialogue dans le cadre de l'Accord de Pretoria de novembre 2022. Le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a mis en garde contre le risque d'un conflit « plus large et plus dévastateur », tandis que la France a également appelé à la retenue. Des analystes soulignent par ailleurs que les combats en région Afar pourraient menacer les routes d'approvisionnement de l'Éthiopie via Djibouti, un axe logistique critique pour le commerce international du pays.
Cette crise illustre la fragilité persistante de l'architecture sécuritaire dans la Corne de l'Afrique, où les tensions internes éthiopiennes s'articulent avec des dynamiques régionales impliquant l'Érythrée et le Soudan. BEVAR Security suit de près l'évolution de cette situation et accompagne ses partenaires dans l'analyse des risques sécuritaires liés aux zones de conflit en Afrique. Pour toute analyse approfondie ou accompagnement stratégique sur ces enjeux, l'équipe de BEVAR Security se tient à votre disposition.